Dossier spécial Victor Boiron

Comme si nous avions pu interviewer Victor Boiron, par les enfants de l'école.


Mr Victor Boiron, comment s’est passée votre enfance ?

Je suis né le 13 octobre 1897 à Ambérieu-en-Bugey dans le département de l’Ain. Sur la photo vous voyez mon père Ferdinand Boiron et ma mère Augusta née Bertholet. Nous étions une grande famille, 17 enfants dont 8 filles et 9 garçons et ma mère a reçu la médaille d’or des familles françaises. On a vécu dans une ferme de la Baume d’Hostun, la Grange Vieille sur la route de St Nazaire en Royans. Mes parents sont enterrés maintenant dans le cimetière de ce petit village.

Que s’est-il passé quand vous aviez 17 ans et demi ?

On était en 1915, c’était la 1ère guerre mondiale, je me suis engagé volontaire pour défendre mon pays. Deux de mes frères se sont également engagés, l’un d’eux, François est mort au champ d’honneur, Joseph a été grièvement blessé. Moi-même, j’ai été blessé à deux reprises. Après la guerre en 1919, je suis retourné auprès de ma mère veuve vivant à la Baume d’Hostun. J’ai dû m’adapter à la difficile vie des paysans.

Qu’avez-vous fait entre les 2 guerres ?

Je me suis marié avec l’institutrice Marcelle Reynaud et j’ai créé une entreprise de travaux électriques sur Romans sur Isère. En plus, je souhaitais apporter une attention particulière à l’éducation des jeunes. Alors je suis devenu moniteur puis président de la société municipale de gymnastique et j’ai formé de nombreux pilotes dans la section d’aviation populaire de Romans.

De nouveau une guerre 1939-1945, qu’avez-vous fait ?

J’ai vécu une 2ème guerre mondiale, j’avais 42 ans, j’étais inquiet et révolté. Je me suis fait arrêter par le régime de Vichy en 1941 mais étant un ancien combattant cela m’a permis d’être libéré. En 1942, je me suis engagé dans la Résistance, où je rencontre Albert Triboulet. En 1943, je bloque la voie avec ma camionnette pour manifester contre le Service du Travail Obligatoire (STO). Mais je suis à nouveau arrêté et je dois rester à résidence à Die.

Le débarquement des alliés en Normandie en juin 1944 va t’il changer les choses pour vous ?

Oui bien sûr, je rejoins le Vercors lieu où vivent de nombreux résistants. Ma femme me rejoint également. Et de là je prends contact avec « Paquebot », le capitaine d’aviation Jean Tournissa. Je l’aide à préparer le terrain d’aviation de Vassieux pour les alliés. Mais le 21 juillet 1944, la Allemands investissent le plateau du Vercors. Mon ami « Paquebot » est blessé, moi, je suis arrêté, torturé. Je réussis à m’échapper et je rejoins Bouvante où je retrouve mon ami et le commandant Thivollet.

Nous sommes en août 1944, vous vous trouvez où ?

Le 23 août, je fais partie de ceux qui libèrent Romans. Mais 4 jours après, les Allemands reviennent et je dois partir. Le 28 août, alors que j’étais en mission importante dans le Vercors avec mon ami « Paquebot », de retour vers la Baume d’Hostun notre voiture est prise sous le feu d’une automobile allemande. Mon ami est blessé près du canal de la Bourne, peu avant l’embranchement des Massotiers qui mène à la Baume d’Hostun, je ne voulais pas le laisser seul.

Puis un grand silence…. Victor Boiron et son ami Jean Tournissa dit « Paquebot » sont morts pour la France le 28 août 1944.

Victor Boiron, âgé de 47 ans sera inhumé au cimetière de Romans fin septembre 1944 et pour lui rendre hommage, Gaston Dintrat, sculpteur de la région réalisera un buste en haut-relief placé sur la stèle.

Sur sa stèle une longue inscription :

Victor BOIRON – Industriel – 1897 / 1944 Héros de la Résistance française - Engagé volontaire 1914 / 1918 Officier de la Légion d’honneur - Croix de guerre 1914 / 1918 4 citations - Volontaire du Vercors attaché à l’E.M. Croix de guerre 1944 avec palme - Médaille de la Résistance

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